Les récentes tempêtes ont eu raison de quantités d’arbres qui n’ont pas résisté aux vents violents. Les dégâts sont importants en forêt, et aussi parmi les arbres isolés, plus exposés. Leur absence, subite, me fait réaliser à quel point les campagnes semblent glisser petit à petit vers des paysages uniformes, horizontaux. Ajoutez à cela les impératifs de l’urbanisation et de l’agriculture, et vous verrez comme, en quelques années, le paysage environnant s’est aplati !
Avec les techniques modernes, la campagne risque des prendre des allures de désert inhospitalier, voire invivable. Les arbres des anciens vergers, qui ceinturaient bien des villages, tenaient une place importante dans l’équilibre de vie. Aspirateurs à poussière, capteurs de gaz carbonique, hébergeurs d’une faune bien utile, régulateurs du sol… 
Il est vrai qu’un texte biblique (Genèse 1,28) encourage l’humain à « soumettre la terre ». Effectivement, une certaine lecture pourrait laisser entendre que la terre est à disposition de l’humain. Un blanc seing en quelque sorte. « Faites en ce que vous voulez ». Un arbre me gène, je le soumets. A la tronçonneuse.
Mais il faut savoir lire. Une lecture littérale, en général, trahit le sens d’un texte. Ainsi, apparaît dans ce passage de la Genèse un message de l’ordre de l’équilibre et de l’harmonie. Une poésie, structurée en strophes, rythmée par l’affirmation que notre environnement est bon. Un équilibre qui profite à l’humain, une harmonie qu’il a pour mission de préserver.
Alors non, le texte de la Genèse, n’invite pas à transformer le paradis en enfer. Il faut le relire autrement. En partant peut-être de l’image de cet arbre de vie, planté au milieu du jardin, auquel l’humain n’avait pas le droit de toucher. Dieu donne en abondance, mais il invite l’humain à considérer qu’il y a des limites qui préserveront sa vie et son bonheur. C’est de sa responsabilité. Et si chacun adoptait un arbre ? Un arbre de vie ?!
Thierry Baldensperger