Noël est derrière, la Saint-Sylvestre c’est tout comme: l’année 2018 a bien du mal. Le contraste entre l’agitation et les obligations de décembre et le calme relatif du début janvier où il ne se passe rien, est parfois net.
Il  parait qu’à leurs débuts, les Romains n’avaient même pas attribué de mois, aux jours entre la fin (décembre = le 10emois) et le début (mars = le 1er mois) de leur nouvelle année Une période qui n’a pas de nom propre: comme pour exprimer qu’il ne s’y passe vraiment rien ?  Plus tard, au moment du calendrier julien, les mois de janvier et février feront leur apparition.
De toute manière, les mois d’hiver ont toujours été plus ou moins marqués par l’inactivité et le repos: l’énergie est au plus bas, les vitamines se font rares. Par opposition à l’été qui est toujours en milieu rural, le temps où l’on s’agite le plus. Il n’y a pas si longtemps en somme que ce  rythme s’est totalement inversé.
Nous entreprenons des tas de choses au moment où la nature se repose, alors que nous lézardons sur les plages quand la nature est en pleine croissance. Comme si les êtres humains ne faisaient pas partie eux aussi de cette nature. Bref: nous nous agitons beaucoup trop durant ces mois, qui initialement n’avaient même pas leur place sur le calendrier.
Janvier tire son nom de Janus, le dieu romain des passages. Représenté près des portes par un double visage, il présente une face pour chaque côté. On pénètre dans un autre monde une fois franchi le seuil de la maison, les portes de la ville ou le cap d’une nouvelle année. Ce franchissement de cap s’accompagne de nouvelles règles, et de bonnes résolutions. Dans quelques jours, nous passerons de la frénésie de décembre au calme de janvier. Serait-ce une bonne résolution que de laisser dans nos emplois du temps le plus possible de cases vides ?
Frans van Binsbergen, pasteur à Yvonand