Carmen, Eleanor ou Bürglind ont traversé notre pays, et voici Evi ce début de semaine. Peut-être porte-t-elle ou portera-t-elle un autre prénom encore.
J’ai lu en effet que, pour l’Europe, des listes de prénoms sont établies et alternent d’année en année. La première tempête de l’année débute avec la lettre A, et ainsi de suite. Depuis 1979, des prénoms masculins sont utilisés une année sur deux. L’Université libre de Berlin est en charge de cela pour notre région du monde, depuis 64 ans.
Dès 2002, cette université a mis les noms en vente ! En déboursant deux cents francs, vous pouvez donner le prénom de votre chéri ou de votre cheffe de bureau à une prochaine catastrophe, comme cela a été fait pour Mme Bürglind Gorn. Mais ladite tempête Bürglind s’appelait aussi Eleanor, parce que les services météorologiques espagnols, français et portugais ont décidé depuis le 1er décembre 2017 d’établir une liste à consonance plus latine, et qui débute avec l’hiver et pas le 1er janvier. Et c’est à chaque tempête que la liste alterne les prénoms masculins et féminins…
Une tempête porte votre prénom et vous vous sentez… comment ? Puissant ? Fière ? Honoré ? Importante ? Ou triste des dégâts qu’elle cause ?
Dans l’Ancien Testament (1 Rois 19,9-13), il est question de la présence de Dieu, promise au prophète Elie : mais lorsque passe la tempête, elle n’est pas cette présence, ni le séisme qui la suit, ni même le feu. C’est dans la « voix d’un silence léger » que l’Éternel se révèle à son prophète.
Nous pouvons reconnaître notre Dieu dans le silence paisible, et nous laisser habiter par le souffle léger et vivifiant de son Esprit.
À son image, ce n’est pas tant dans la tempête, le bruit, la force, que nous sommes appelés à être présent au monde et aux autres, mais en douceur, en finesse, en écoute, en silence.
Et quand baptisera-t-on du nom de l’être aimé la brise parfumée d’un matin de printemps, ou le petit air frais d’un soir d’été ?
Sophie Mermod-Gilliéron, pasteur