Lorsque j’étais gamin, j’écoutais la Pastorale des santons de Provence sur un disque en vinyle (je sais, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître !). J’étais fasciné par tous ces personnages si ordinaires, auxquels on prêtait des aventures palpitantes et que l’histoire réunissait finalement autour du petit Jésus. A l’époque, je ne m’étonnais même pas que Joseph et Marie aient un accent provençal ni que le mistral souffle à Bethléem. Michel Galabru, le narrateur, expliquait que Dieu avait fait souffler le mistral toute la nuit pour nettoyer le ciel en chassant les nuages, pour qu’il soit tout propre, illuminé d’étoiles au moment de la naissance de son fils.
La tempête qui a balayé notre pays le 3 janvier est arrivée trop tard, juste après Noël, mais elle m’a rappelé le mistral de Provence.
En ce début d’année, j’aurais bien besoin d’une tempête dans ma tête et dans mon cœur !
Il faudrait qu’elle souffle assez fort pour nettoyer mon âme de mes contraintes humaines, de mes petits soucis quotidiens, de mes préjugés, de mes craintes et de mes a priori. Surtout, j’aimerais qu’un ouragan chasse de ma mémoire les échecs du passé qui, même s’ils ont construit ma personnalité, sont aussi souvent à l’origine de mon immobilisme. J’aimerais pouvoir poser sur l’avenir un regard neuf, dépouillé de toute appréhension et libéré des barrières que j’ai moi-même construites.
Comment créer ce phénomène météorologique intérieur capable de me faire redémarrer, en renouvelant mon courage et mes forces ? Tant que mon ciel n’est pas débarrassé des nuages qui voilent la lumière, il me semble difficile de prendre de bonnes résolutions … Alors je ne prends qu’une résolution pour 2018, celle de ne pas en prendre !
Je m’en remets une fois de plus à Dieu qui me guide et j’ouvre simplement une fenêtre de mon cœur, pour y laisser entrer le vent de l’Esprit.
Christophe Schindelholz

Arbres soufflé par le vent à Fully