La canicule de ces dernières semaines nous éprouve. Et ce qui est déconcertant, c’est que l’on ne peut rien faire. Il n’y a pas de bouton à tourner pour revenir à des températures plus clémentes. Nous ne sommes pas maîtres de la situation.
Bien sûr, dans les magasins et les voitures, il y a la climatisation, et beaucoup de gens ont acheté un ventilateur pour leur appartement. Mais si l’on veut sortir, il faudra se faire une raison : il fera chaud, très chaud.
On se met alors à faire ses courses tôt le matin. Et pour profiter du jardin, on attend que le soleil ait disparu à l’horizon. On lève le pied pour ne pas rajouter de fatigue inutile : la chaleur nous épuise déjà assez.
Cet épisode n’a bien sûr rien de dramatique, et il touche à sa fin. Mais il vaut la peine de retenir la leçon qu’il nous a donnée.
En effet, nous avons l’habitude de décider de tout nous-mêmes. Nous faisons des plannings pour nos activités. La vie est comme un dessin que nous tracerions sur une grande feuille blanche. Tout dépend de nous. Tout est entre nos mains.
La canicule nous a contraint à un rythme que nous n’avons pas choisi. Nous avons dû faire des concessions, annuler certains projets. Nous avons dû nous adapter, ce qui n’est pas très agréable. Et pourtant c’est salutaire.
Les grandes chaleurs nous ont confrontés à une réalité différente de ce que nous souhaitions. Il a fallu sortir de nos idées. Le réel s’est imposé sans nous demander notre avis. Il nous a fait sentir sa force. Il nous a rappelé qu’il fallait compter avec lui.
Les maîtres spirituels le disent : ce qui fait grandir, c’est ce qui nous résiste, ce qui nous bouscule. Nous dépassons ainsi l’horizon de notre nombril. Nous nous ouvrons à ce qui nous dépasse.
Et c’est ainsi que nous pouvons recevoir une Parole qui vient d’ailleurs et qui nous interpelle. C’est ainsi que nous pouvons découvrir cette merveille : nous sommes bien plus que le centre du monde, nous sommes les enfants de Dieu.
Jean-Nicolas Fell