A l’aube de la nouvelle année, nous échangeons nos vœux. Mais que nous souhaitons-nous réellement ? Des projets réussis, une progression professionnelle, toutes ces choses que l’on se souhaite peuvent parfois devenir un piège.En effet, comment mesurerons-nous la réussite de notre année 2020 ? Notre société à tendance à considérer le succès comme une progression. Le progrès doit se faire à tous niveaux et tout retour en arrière, ou même toute « stagnation », est considéré comme un échec. Même dans les Eglises, ce discours est la règle : il faut avancer sans cesse vers le Royaume.Il faut avancer, ne jamais rester arrêté. La croissance, qui nous offre bien des facilités de vie, a aussi son revers quand nous culpabilisons de n’avoir pas assez progressé. Et le nombre de burn-out, qu’ils soient professionnels ou familiaux, nous montre bien les limites de notre système.
Ferme les yeux, vois le fond de toi-même et constate tes limites. Tu es un être humain et tu n’es pas capable du tout. Devant toi se dresse l’infini, l’insaisissable, le mystère. Malgré tout tes efforts et les discours que l’on pourra te servir, tu ne pourras jamais tout. Le tout est devant toi et il demeure inaccessible. Mais ce mystère infini, celui que nous nommons Dieu, nous rejoint. Il ouvre les bras et nous soutient. Le vide de l’infini se fait proche et aimant !Aujourd’hui, à l’aube de la nouvelle année, je vous souhaite de progresser ! Non pas dans le monde, dans votre épanouissement personnel ou même dans votre foi. Je vous souhaite de progresser dans cette capacité à accepter de n’être pas capable de tout. Je vous souhaite de vivre dans ces bras aimant du mystère, qui nous aime, qui que nous soyons.
Christophe Collaud, ministre EERV