Moi pas ! Je ne crois pas au destin.
Et j’avoue que je suis surpris, et peiné, quand j’entends « C’était écrit ! C’était son destin… » ou pire encore, comme je viens de l’entendre à propos de Napoléon « Il croyait à son destin ! »
A chaque fois, je préfèrerais entendre parler de destinée plutôt que de destin. Il ne faut pas les confondre.
Le destin, c’est cette nécessité inéluctable qui fixe le cours des événements. Œdipe ne peut échapper à son destin. Quoi qu’il fasse, l’oracle qui a annoncé qu’il tuera son père et épousera sa mère s’accomplira. Tout est écrit et joué d’avance. Il est prisonnier d’un déterminisme qui détruit toute liberté et toute forme de responsabilité. Croire au destin, c’est croire que je suis attaché à une roue qui file sur un rail, inéluctablement.
Croire à la destinée, c’est tout autre chose. La destinée désigne les capacités internes d’un être conjuguées aux circonstances extérieures d’une existence. Pour un humain,
, il s’agit de son tempérament, de ses aptitudes, de sa santé, de son milieu, de l’éducation qu’il a reçue, des événements qu’il a vécus.Bien sûr, nous ne maîtrisons pas entièrement notre existence. Elle dépend d’un certain nombre de facteurs que nous ne choisissons ni ne méritons. Mais, à la différence du destin, la destinée nous laisse une belle part de liberté, une liberté créative et responsable au cœur de laquelle, si on lui laisse la place, Dieu vient habiter.
Et c’est marqué d’expérience. A la naissance, nous sommes appelés à parcourir l’espace de la vie. Et ce n’est pas un long fleuve tranquille ! Il est parsemé d’embuches, de dangers, parfois mortels. Mais j’y suis libre, avec mes possibles. Et surtout une carte et guide précis et précieux. C’est mon super Guide du Routard. Il est gratuit et a un nom : Evangile.
Jean-Christophe Jaermann, pasteur paroisse du Balcon du Jura