« Consternant… » Tel fut le cri du cœur d’un collègue à la lecture d’un psaume qu’il était invité à méditer. Il y voyait tant de violence. Qu’est-ce que cela a à voir avec l’Evangile du Christ ? Et cela arrive souvent lorsqu’on lit la Bible. On brûle d’envie de passer à autre chose, ou en tout cas de sauter des pages.Faut-il céder à cette envie ? Je ne le crois pas. Au contraire, prendre le temps de s’arrêter. Car cette réaction épidermique, c’est tout sauf de l’indifférence. Quelque chose donne de la voix. Quelque chose demande à se faire entendre. Et il est important de l’écouter. Pour vraiment vivre sa foi, et ne pas simplement la rêver.On se fait si facilement des idées ! On imagine la foi comme une sérénité à toute épreuve, une assurance que rien ne pourrait ébranler. Un monde parfait et confortable dans lequel plus rien ne viendrait nous troubler.
Seulement la foi, ce n’est pas ça. Cela n’a rien d’un bloc monolithique. Au contraire, c’est quelque chose de vivant. Et justement, ce sont les doutes, ce sont les questions, les tiraillements, qui la font grandir, et déjà qui la maintiennent en vie.Évidemment, cela ne vaut que si l’on n’oublie pas la réciproque. Douter, non seulement de notre foi, mais aussi de nos propres doutes. Mettre en question, non seulement nos certitudes, mais également nos interrogations et nos objections. Les questions qui nous animent ne doivent pas être un terminus. Elles sont plutôt un tremplin qui nous permet d’aller plus haut, d’aller plus loin.On le répète assez : la foi est un chemin. Et vous le savez bien, c’est ainsi que l’on marche : en faisant passer tout son poids d’une jambe sur l’autre, puis en faisant exactement le contraire.
Jean-Nicolas Fell, pasteur de l’EERV à Yverdon-les-Bains