L’été passé je me suis retrouvé à l’hôpital, mourant, après ce qui ne devait être qu’une visite de routine de mes ruches. J’ai eu le temps de regretter ma maladresse, et je me réjouis de ce qui est une sorte de sursis. En effet, selon les urgentistes qui se sont empressés de me secourir, c’était « moins une ». Le calme et le professionnalisme dont ils ont fait preuve m’impressionnent encore à ce jour. Merci à elles, à eux.Une mésaventure qui me donne à réfléchir. Si cette mort m’eut été douce, puisque j’allais prendre le chemin du paradis sans m’en rendre compte, ou presque, elle me privait du lendemain et elle aurait affecté mes proches. J’ai beaucoup pensé à eux au moment où je reprenais mes esprits, petit à petit. La vie a certainement des côtés difficiles, sombres, mais c’est quand même un bien tellement précieux !Il doit bien exister un paradis des abeilles, en particulier pour ces
courageuses qui ont défendu leur colonie au prix de leur vie, tout en me plongeant dans le noir. Et peut-être aussi un paradis pour les humains. Quelque chose qui est pour moi, aussi flou qu’un paradis des abeilles.Mais avant d’en franchir la porte, j’aimerais profiter de lendemains ! J’aime la vie ordinaire, faite de jours paisibles ou d’aventures, parfois piquantes, mais toujours imprégnée de la conscience du temps présent, et de la présence de Dieu dans mon quotidien. Et puis une fois mon heure venue, je veux bien être conduit à lui. Mais pour l’instant je préfère des lendemains pour partager du miel, pour apprendre à être plus attentif aux choses simples de la vie, aux personnes qui croisent mon chemin, au partage de l’espérance qui m’habite. Tout cela m’aurait tellement manqué. Moins une, je vous l’avais dit !
Thierry Baldensperger, pasteur EERV