« Il existe un remède universel à la peur, la douleur et la tristesse. C’est la reconnaissance. » Ces mots m’ont marqué. Je les ai trouvés dans le bilan d’entretiens menés avec des personnes ayant choisi de vivre seules loin de la société au fond de la forêt.Des marginaux à première vue. Mais avec quelque chose de précieux en plus : de la simplicité et surtout de l’humilité. Une vie à la dure. Mais avec le sentiment de ne pas être abandonné. Car Quelqu’un est là qui veille, qui pourvoit aux besoins.L’existence est réduite à l’essentiel, au strict nécessaire. Mais on a le temps de savourer ce que l’on a. On a le temps de s’émerveiller. Tout le contraire de notre monde moderne où, à passer d’une nouveauté à une autre, on ne fait qu’effleurer les choses.
Et plus rien n’a de goût. Plus rien n’a de substance. L’inconfort n’est pas un problème, quand on se sait aimé. Quand on sait que l’on compte pour quelqu’un, que son cœur bat pour nous. L’indifférence est bien plus dure à supporter. Pourquoi se donner de la peine, si personne ne s’en aperçoit, si personne ne s’en réjouit ?
La vie est plus qu’une liste de droits à faire valoir. En renonçant à toute revendication, les marginaux du livre ont redécouvert la vie comme une grâce, comme une attention venant de quelqu’un d’attentionné. Oui, il y en a des raisons d’être reconnaissant. Car, au-delà des soucis du quotidien, il y a un visage qui nous en-visage. Il y a Quelqu’un qui nous sourit.
Jean-Nicolas Fell
pasteur de l’EERV à Yverdon